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L’Egypte au musée du Cinquantenaire : les nouvelles découvertes

Pour célébrer les 25 ans de l’association A.E.R.E.A., Luc Delvaux est venu présenter les plus récents travaux sur la collection égyptienne de Bruxelles, qui est une des plus importantes d’Europe. Malheureusement, Madeleine Peters-Destéract, présidente de l’association et égyptologue, nous a quittés quelques jours avant l’événement. Cette conférence lui est dédiée. Le désir de poursuivre l’œuvre de Madeleine et de partager le savoir égyptologique est plus que jamais présent. 

Une des joies des conservateurs est de pouvoir redécouvrir des objets que l’on pensait perdus. Parfois, ils se sont simplement égarés ou alors on découvre des objets totalement inédits remisés dans un carton, jamais ouvert depuis 50 ans ! Il faut dire que le musée a changé plusieurs fois de noms et même de lieu. Aujourd’hui, la collection représente environ 12 000 objets. Heureusement, la majorité des objets sont catalogués et bien connus avec une provenance attestée, ce qui est essentiel pour tracer ledit objet. 

L’origine du musée remonte à 1835, mais la partie égyptienne est alors très réduite, à peine quelques dizaines d’objets. Il faut attendre la fin du 19e siècle et l’arrivée de Jean Capart, le premier égyptologue belge, pour que la collection se développe rapidement. Capart est particulièrement dynamique et il est souvent en contact avec l’égyptologue anglais Pétrie, qui par amitié offre des lots d’objets au musée. Surtout, le musée va financer les fouilles anglaises de l’EES. Et grâce à ce financement, le musée profite du partage des fouilles après chaque mission. Ce partage se fait à la hauteur de l’investissement. Cette pratique s’arrêtera au milieu des années 1930 et le musée entame alors des fouilles en Egypte.

Si le partage est le bienvenu, il a aussi l’inconvénient d’éparpiller des lots d’objets entre différents musées même si les fouilleurs essayaient de l’éviter. Par exemple, un des lots les plus importants fut celui des fouilles du site de Hou, important site Nagada avec 170 objets. Mais d’autres objets arrivent dans des musées peu connus, et n’ont souvent été jamais publiés, ou pire, le musée a fermé…

Parfois des objets se retrouvent à Bruxelles sans que l’on en sache la raison exacte. Ainsi, un morceau de bois retrouvé en 2013 appartient à la tombe de Saouadjet alors que théoriquement l’ensemble du mobilier découvert avait été offert au musée de Dublin. Il faut maintenant étudier les éléments de Bruxelles avec ceux de Dublin.

Parfois il est difficile de replacer un objet. Ainsi le cercueil de Ma, provenant de Béni Hassan, a été, d’après les notes, découvert avec d’autres objets qui aujourd’hui nous sont inconnus et aucune note ne précise la date de la découverte. Heureusement, une photo datant de 1903 montre le cercueil avec les archéologues !

Le conservateur évoque ensuite une curieuse tête de la 18e dynastie avec une coiffe particulière : la présence d’un chignon et le regard qui est légèrement tourné vers le haut. Nous connaissons des parallèles à cette statue comme la dame Baket. Qui sont ces dames ? Correspondent-elles à des croyances particulières ? Il s’agit probablement de personnes de la petite “bourgeoisie”, de petits fonctionnaires dans des temples ou encore des artisans. Il est intéressant de voir que, selon le matériau utilisé, on peut déterminer le rang social de la personne. Ces statuettes, environ 30 connues, représentent essentiellement des femmes. Peut-être des ex-voto pour la déesse Hathor. Et il semble aussi que la provenance soit surtout Thèbes Ouest. 

Luc Delvaux nous parle d’un cercueil, d’un certain Boutehamon. Ce nom est célèbre, car le scribe Boutehamon va sauver les momies royales de la destruction durant les grands pillages de la fin du Nouvel Empire. Cet objet a été acheté à Sarah Belzoni en 1847. Le cercueil contient aussi une momie. Ce lot avait été découvert dans la seconde cachette de Deir el-Bahari. Mais le cercueil était en mauvais état. Le style est typiquement ramesside. Les décors sont atypiques : de petits naos avec d’étranges divinités comme Hathor qui a une montagne à la place de la tête. Le musée de Turin possède un autre cercueil avec ce type de décors étranges. La bordure du cercueil de Bruxelles possède une longue frise de 42 oiseaux ba, sans doute l’évocation des 42 juges. Nous connaissons 4 cercueils : deux à Bruxelles, deux à Turin. Ces objets ne furent pas découverts en même temps et le lieu de la découverte n’est pas certain. Pour ceux de Turin, Drovetti évoque Thèbes Ouest. Pour ceux de Bruxelles, Sarah Belzoni parle d’une découverte dans une tombe de la vallée des rois. L’hypothèse peut se tenir, car Boutehamon travailla beaucoup dans la vallée des rois. Question : les cercueils de Turin viennent-ils aussi de la vallée des rois ?

Une des missions d’un conservateur est aussi d’ouvrir des cartons oubliés depuis longtemps. Un des cartons contenait des fragments de décors. L’analyse montre qu’ils ne datent pas du Nouvel Empire, mais plutôt de l’Ancien Empire. Le musée possédant d’autres fragments de même nature et de décors similaires, ces décors viennent de la tombe de Néfermaât découverte par Mariette puis refouillée par Pétrie en 1909. C’est l’Anglais qui démantela l’ensemble des décors pour les envoyer dans les musées, dont Bruxelles. Et il s’avère que les fragments découverts appartiennent à un décor perdu dans lequel les oies de Meïdoum prenaient place !

Le conservateur poursuit ses aventures avec le cas étonnant de deux momies disparues depuis les années 1970. Ces momies, d’époque romaine, avaient été confiées à deux médecins pour analyses. Les analyses sont réalisées et les résultats publiés. Mais le musée ne récupère pas les deux momies qui disparaissent purement et simplement. Mais surprise, en octobre 2015, une salle de ventes propose à la vente une belle momie romaine qui était celle du musée ! Une procédure est lancée pour la récupérer. Et depuis peu, elle est de retour. Cette momie est très importante, car elle est en très bon état et une nouvelle étude complète est en cours.

Luc Delvaux conclut sa conférence par un superbe masque funéraire de la fin de la 18e dynastie, ayant des traits post-amarniens évidents. Il est en parfois état. Jamais étudié, l’objet est en cours d’analyses. Malheureusement, aucun texte, aucun nom n’a été peint sur le masque. Mais on constate que le personnage porte les colliers de la récompense. Or, sous le règne de Toutankhamon, nous connaissons qu’une seule personne représentée avec cet or : le trésorier Maya. Est-ce lui ? Pourquoi pas…

 

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